Sur un carnet trouvé l’automne 2011
« Ô ma jeunesse abandonnée
Comme une guirlande fanée
Voici que s’en vient la saison
Des regrets et de la raison »
Guillaume Apollinaire
Brumeux est le parfum des campagnes mâtines
Au pénétrant automne écrasant mon allure.
Sur les feuilles rougies du sang des jours qui durent,
Je m’éloigne un peu plus d’une grâce marine
Où je crois qu’est l’ailleurs.
Amour, quels crissements émanent de mon pas !
Ah quelle surdité habille ma jeunesse !
Courir, courir encore, et toi mon bon Hermès
Tu pleures cette lettre à jamais paria
Aux messes des douleurs.
Ô toi ma synagogue aux beautés séraphines,
Place du Souvenir emplie de mes injures,
Je m’en vais ; garde donc tes heures sépultures.
On m’appelle où le chant profond du muezzin
A le rythme de pleures.
Au fond de moi s’écoule un fleuve avec Shiva
Emportant dans sa danse et musique et déesses ;
Ma vie est une Seine accablée de tendresse
La belle Viviane un jour s’y abreuva
Et sa lèvre prit peur.
Je voudrais tant parler le langage du Temps
Pour fondre mon chagrin dans le vert des collines
Mais le brumeux parfum des campagnes mâtines
Me pénètre et m’emplis d’un automne charmant
Qui n’est qu’un cor au cœur.