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| | Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) | |
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Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Dim 7 Nov 2010 - 16:04 | |
| Extraits de "Elle, Moi, Eux et les Autres". Elle, Moi, Eux et les Autres est un recueil que j'ai fait publier, par pure vanité, par une édition libre, Edifree. Je n'en publierai ici que des extraits. Si le recueil complet vous intéresse, je vous proposerais de m'envoyer un MP et de me demander soit le lien pour l'acheter, pour le faire plaisir, soit tout simplement le fichier .doc/.docx lui-même, qui ne coûte pas un centime, que je vous fournirai volontiers, trop content de voir quelqu'un qui s'intéresse à mes écrits! Je vous présenterai ici des extraits des quatre parties du recueil, le "Elle", le "Moi", le "Eux" et "Les Autres", de trois à cinq poèmes par partie.Elle
Hiver
Rire de chaleur réchauffant mon cœur Lorsque la neige me transit de froid, Je vois les flocons qui un à un meurent Et toi qui transforme l'hiver en joie.
Tes cheveux me semblent couverts d'étoiles, Si belles dans cette semi pénombre, Si ternes lorsque tes yeux se dévoilent, Deux soleils derrière deux mèches sombres...
Cette eau glacée te fait reine d'argent Tes yeux te font princesse de lumière Et moi, ni roi ni prince ni régent J'aimerais être à toi dans mes prières.
Contemplant cette allégorie gelée, Accablé par la chaleur de ma flamme, Rire de chaleur, fraicheur oubliée, Otent de mon cou mes cordes et lames...
Sommeil d'une Fée
Cette nuit encore j'ai dû rêver Car il n'a pas pu en être autrement. Les hommes savent que jamais les fées Ne dorment près d’eux en se reposant.
Mais dans mon rêve je n’ai fermé l’œil Plongé dans la beauté de ton visage… Dans tes yeux clos et ton souffle feutré J’ai cent milles foi douté du mirage…
Ô paradis si proche de ma main, Ô réalité si loin de mon âme, Je te contemple, les yeux incertains, Suffoquant sous la chaleur de ma flamme.
Mais d’un coup sans prévenir tu t’éveilles Et brusquement mon regard se détourne Attendant que s’éteigne le soleil Apparu dans ces yeux que je contourne.
La lune revient avec mon manège, Et s’écoulent ainsi des heures si brèves Qu’elles me paraissaient être de neige, De cette neige qu’on ne voit qu’en rêve.
Oui, ces flocons salvateurs des tourments Qui nous font espérer l’éternité Mais qui après leur chute, nonchalants, Muets d’espoir, ne dureront assez…
Puis lorsque la poudreuse a fondu, Lorsque ma nuit doit faire place au jour, Je ne suis ni amant ni éperdu, Seulement aveuglé et même sourd.
Alors puisque mes yeux t’ont enlacée, Sans que tu ne le saches je souris Non plus en montrant une joie forcée Mais en espérant enfin de la vie.
Plongée
Ma courte vie a vu des milliers de regards Des timides, des sans gènes, nombre d’hagards… De fugaces instants, qui jamais ne duraient Mais le tien ma Princesse m’a apprivoisé.
Dans tes yeux, ô lumières ! Un torrent de douceur Lentement s’écoula pour atteindre mon cœur. Ô pauvre tourmenté ! Le voilà bien meurtrit, Noyé par la joie amère de l’être épris…
Lui qui s’était aigris, le voilà qui espère Ton eau pure lui ayant ôté sa poussière ! Lavé de son mutisme le voilà qui cri.
Un hurlement de joie envers ton existence, Une plainte un peu rauque pour nos différences, Un appel à l’Amour, un appel à la vie.
S'en va et moi sans rien
Avec l'or de mes larmes j'achèterais La terre Les vallées Et la mer Et l'univers Et te les offrirais.
Rien ne compte Que toi Et ta voix. Faites moi pleurer, faites moi souffrir, faites moi [honte Rien ne compte Que toi Et ta joie.
Je te donnerais tout sans n’en attendre rien Si ce n'est qu'un geste Leste, Un regard mutin Ou quoi que ce soit Qui ne soit qu'à toi.
Je te donnerais tout sans que tu n'en vois rien Car je ne veux pas Te sembler malsain Etre celui qui achète à tout va Ce qu'il croit être amour Dans des discours De vautour Lourds.
Tu auras tout mais ne le verras pas Car je ne suis jamais moi Car je voudrais la mort En étant souriant Soleil dehors, Lune dedans, Vide tout court.
De loin, de rien, de ce que je suis J'aime Je pleure comme je ris Sans problème Sans raison Autre que les passions La mienne La sienne La tienne Et les leurs Et leurs leurres De croire à ces rêves auxquels ils tiennent Heure après heure.
Ce temps qui part Et nous sépare Toi qui t'ennuie un peu déjà Et moi qui doute Qui crains que de moi Tu t'en foutes Egoïste qui ne pense qu'à soit Et à tes yeux, Aux adieux Qui se préparent plus loin Plus si loin.
Alors dans ma folie Je prendrais un crayon Un cheval en carton Pour qu'au moins tu en ris Je porterais béret ou bien pagne Et fièrement j'irais conquérir cette Espagne Qui ose te prendre A moi et eux Leur sommant de se rendre Ils seront débordés, nous serons deux. Pour quelques instants Mais pour un présent.
Mais ce soir peu importe Mon cœur ou juste moi Tu fais en sorte Que mes mots soient Bloqués Et tu disparais. Et mon au revoir? Et mes beaux espoirs? Perdu dans les vents Morts sur l'écran blanc.
Ce que j'ai voulu te dire
Tu te souviens Caroline ? Tu te souviens du moi d’avant ? Celui que tu appréciais tant, Oui, j’imagine Que ça doit être resté un peu. C’était le temps où j’écrivais Sans m’arrêter Combien tu es belle quand il pleut.
Caroline, le temps est sourd Au cri du cœur Et préfère lui offrir le malheur Que l’amour. Ces instants où j’aimais sans que tu ne saches Ni ne t’en doute Dessinèrent peu à peu des gouttes D’amertume sur mes joues, de joie qu’on arrache.
Caroline je savais que tu le voyais Et j’avais peur, Que s’écroule mon bonheur. Puis j’apprenais. Ta vie, Ton passé, Ton humanité, Et ton « Lui ».
Ah Caroline, comme c’est con d’aimer…
Et puis tu te souviens comme tout s’est effondré. Moi qui t’aimais trop, Toi prise en d‘autres maux Et ne comprenant pas mes pensées. J’ai accusé le monde, Je me suis haï, Peut être ai-je un peu trahit… Et la vie était ronde.
La vie avait perdu son goût Déjà plutôt rance Quand j’y pense, Mais elle sentait alors le chien trainé dans la boue… Et plus les jours s’en allaient Plus elle était immondice, Dans mon supplice D’éternité.
Et mon esprit s’envola, Perdu, Déçu, La belle paranoïa… Le vrai se mêlait au faux Avec l’incertitude, Une solitude, Et une douleur sans mot.
Ah Caroline, comme c’est chiant le doute…
Etais-je vraiment moi ? Celui qui sommeillait ? Eveillé, Par ma passion pour toi ? Par mes désillusions ? Je ne voulais plus rien, N’espérais plus en vain, Et la vie tournait toujours en rond.
Tu sais Caroline, quand on ne veut plus C’est qu’on cherche une fin. La mort me tendait les mains Avec un sourire entendu. Je me suis alors approché Jour après jour, Me tuant encore et toujours A grands coups de pensées.
Enfin un soir bien face à elle, J’ai vu ces yeux, Reflets de miséreux Dont la vie aussi s’emmêle… Et ses lèvres s’étirèrent Montrant des dents Avides, et des traits de dément. Elle s’étouffait d’un rire…
J’ai reculé d’un coup Terrifié. Son visage s’est fermé, Et ses yeux devinrent dégoût… Mais alors qu’elle partait J’ai vu un sourire en coin, Promesse d’un fait certain : Ce n’était pas terminé…
Ah Caroline, comme c’est moche de voir la mort…
Maintenant je ne suis plus rien, Juste une ombre Dans un coin sombre Effrayé de l’hier, horrifié du lendemain. Toi tu ne me vois plus, C’est sans doute mieux. On devient malheureux A force de croire en moi et d’être déçu.
Je n’espère pas plus, Je ne me déteste pas moins, Mais je sers les poings Et parle un peu moins de Vénus. Toi, tu m’évites Autant que je le fait. Je ne veux plus te blesser, Et toi, tes pensées me quittent.
Tu vois Caroline, j’en suis là, A te regarder de là où je crois Que tes yeux ne sont pas, Même si je sais bien qu’au fond tu me vois. Mais le pire, crois le si tu veux, Ce n’est pas vraiment ce que sais, Ni ce que j’ai traversé, Mais que tu sois toujours belle quand il pleut.
Moi
Acrostiche n°2
Et nuit qui attend son éveil...
Sur l'horloge le temps s'écoule, Use les hommes qui l'observent, Rie de ceux qui parfois s'écroulent Vaincu par ses assauts sans trêves... Il est le bourreau de l'humain, Eternel maitre du destin.
Le jour il me surprend c'est vrai, Et pourtant la nuit il se tait...
Je suis fils de l'obscurité, Obsédé le jour par des ombres Unis en un monde éthéré, Réduisant mon âme en décombres...
Puis l'astre solaire devient lune, Otant de mon âme blessée Une à une mes infortunes Repoussées par Dame Morphée.
Vivant de songes irréels Illusions de celui aime Volant tel un oiseau sans aile Ravis d'être un instant bohème Et pourtant, une lueur blême...
La belle nuit fait place au jour Adieu utopies et amours...
Nocturnes superbes, à minuit, Un monde s'ouvre grâce à vous, Insensible au temps qui sourit Tuant le sage, aimant le fou.
Le Poète et sa fin
Le Poète et sa fin Lâche, néant, contradictions vermeilles, Poète, tu te hais d'aimer autant... Ces douces lèvres ont détruit les merveilles De ce poltron rimeur impertinent.
Affrontements, lâches discours en têtes, Poète, tu te hais de vouloir vivre Abandonne, laisse le monde aux bêtes Tu n’y as ta place que dans les livres…
Vie, mort, passions si bien dissimulées Poète, tu te hais même d’haïr L’être saint qu’elle a choisit d’adorer Allez viens donc, il te faut en finir…
Hésitations, craintes de s’endormir, Poète, pourquoi diable luttes-tu ? Tout est finit, ta joie ou tes soupirs Vien, on meurt bien mieux que l’on vit déçu…
Cheveux sombres, yeux clairs, rire angélique, Poète, pourquoi ne pas l’oublier ? On dit que l’au delà Evangélique Est un lieu où l’on n’a pas à penser.
Faux de l’Infernal, enfant rayonnant Poète, voilà que tu penses bien ! Tu oublies enfin ton côté amant Et va vers celui du mort comme un chien !
Corde ou poison, lame ou saut dans le vide, Poète, choisit bien l’ultime action ! Tu as quelques frissons au mot « suicide » Mais tu ne cherches plus d’autres options.
Vertige, froid, spasmes de peur funeste, Poète, c’est un soir que tu te lance, Les yeux rivés vers Dieu que tu détestes Lui qui s’amuse, ôte lui cette chance !
Poète, tu inspires. Poète, tu avances. Poète, tu soupires. Et enfin le silence.
Le Pécheur
Le Pêcheur
Sur un lac de solitude Un tourbillon de gris Un pécheur cherche la plénitude Ses dents sont jaunies Par l’usure de l’existence Et ses mains tannées, brunies Par l’essence D’un lointain soleil Qu’il a éteint En soufflant dessus En voulant jouer au plus malin Après avoir perdu.
Il trempe sa canne Brisée en deux Et attend une heure ou deux Qu’une prise émane. Il sourit l’imbécile Il croit que tout va pour le mieux Dans son exile Il rit, il rit comme s’il était heureux Et le long de son bâton brisé Coule une goutte Comme s’écoule le doute Mais elle n’est pas grisée Comme l’eau salie du lac Elle n’a pas de couleur Elle n’a pas de saveur Elle s’attaque Au bois déjà usé Comme les autres l’ont fait Avant elle. Puis au bout de la branche Elle se mêle Au liquide du lac d’une voix franche Elle cri Comme les autres l’ont fait Puis se teinte de gris Comme les autres l’on fait.
Le bâton du pécheur C’était sa vieille épée Du temps où le malheur Succombait sous sa lame effilée Mais il est tombé Et ne s’est pas relevé Il n’en avait plus la volonté En vérité Et sa lame s’est brisée On l’a laissé pour mort Là, sur le champ de bataille On lui ouvrit les entrailles Puis délaissé son corps Crève comme un chien Crève sans rien.
Et alors qu’il gisait sur le sol Il tendit la main Et dans un souffle incertain Dit à sa lumière qui vole « Aide-moi, aide-moi… » Alors le soleil s’est éteint Pour laisser place au froid A la nuit du lendemain Alors le soldat Se mit à pleurer Et les larmes à force de couler Creusèrent des rigoles ça et là Mangèrent le gris de la terre Et creusèrent Et creusèrent Et voilà le lac tout gris Le soldat un peu remis Contempla son épée brisée Lentement la prit Et se mit à pécher Mais quoi donc ? De l’espoir Parce qu’il sait que ce gris quelconque Est fait de blanc et de noir Alors il sourit Dans son délire Et pleure sa vie Comme le font les faux martyrs.
Sur le bois de mon bureau Je vois des taches se former. Alors je cherche un bâton pas trop gros Pour me préparer à pécher.
Ce que je fais
Ce que je fais ? J’envoi de la folie Par delà les oiseaux Dans un ciel infini Loin de la vie, loin des maux J’envoi ma démence Qui tourbillonne Qui danse Et qui s’étonne De voir qu’en bas tout semble minuscule Insignifiant De voir que la vie brûle Au fil du temps.
Ce que je fais ? Je tue les secondes avec une lame de désir Et elles expirent Trop faible face à mes sentiments Je suis le bretteur du temps Je suis l’escrimeur des heures Armé de dépit et de douleur Je frappe à l’aveugle Et je beugle Pour que le temps s’arrête Et me laisse respirer Lorsque je m’apprête A rêver.
Ce que je fais ? J’envoie des SOS Sur des murs de béton Qui se foutent bien de ma détresse Ou de m’accorder leur pardon Ils ne parlent pas Et n’ont rien à me reprocher d’ailleurs Ils sont juste là Pour repousser mes cris de douleur Ils sont blancs comme le silence Et je pense Qu’un jour mes hurlements les détruiront Qu’ils s’écrouleront Et qu’enfin Mes mots traverseront l’univers Comme une chaine de vie sans fin Avant de revenir vers la terre Et vers elle Toujours elle Oui Toujours elle…
Ce que je fais ? Je pose des pensées Sur un monde qui les rejette Je les imprime, puis je les jette Au milieu des autres entassées Dans un coin sombre de mon existence Et je pense Oui Et je pense Sans m’arrêter Comme un fou qui rit A gorge déployée Qui hoquète, qui s’asphyxie Et puis qui crève Comme un abruti Sauf que moi, je me relève Sans pouvoir mourir De mes soupirs.
Ce que je fais ? Je compose au cliquetis Et au grattement Une mélodie ternie Tu l’entends ? C’est celle du dépit Du froid, des tourments Qu’elle est laide Elle est bancale, décousue Et d’un coup elle cède Au désespoir de vivre en intrus Et elle s’en va Non, tu ne l’entends pas C’est normal C’est moi qui râle Et qui n’espère plus C’est moi qui ai toujours su Que le monde n’était pas pour moi Et pour ma joie.
Ce que je fais ? Je meurs C’est beau de mourir tu sais ? Regarde les fleurs Lorsqu’elles sont fanées Leur fraicheur qui s’éteint Leurs pétales qui se froissent Leur cœur devient brun Et tout cela se tasse C’est poétique C’est une jolie allégorie C’est moins cynique Que de vivre sans soucis Les autres ont pitiés Ils ne sont pas jaloux Ils pleurent beaucoup Comme on pleure la fatalité Alors que c’est si beau De ne plus penser à rien De n’être plus rien Ne plus porter le fardeau Du mépris de celle qu’on aime Ne plus en rêver le soir En sueur sous la lueur blême D’un radioréveil dans le noir C’est tellement laid Pas de poésie, pas même de sens C’est une imbécilité Que les frustrés pratiquent à outrance Quitte à fermer les yeux Autant ne jamais les rouvrir Et on sera plus heureux Que de vivre en faux martyr Pas vrai ?
Ce que je fais ? J’écris Tout simplement Je ne vous l’avais pas dit ?
Vie Londonienne
A Londres la pluie tombe Comme à Reims, mais en mieux On s’attend à ces trombes On en est presque heureux Et les parcs sous les parapluies S’emplissent de jaune, de bleu, de gris C’est beau Oui C’est beau.
Moi j’ai ma veste noire Mon écharpe noire Mes chaussures noires Un beau sac noir Une sacoche noire Et des idées Vous devinez ? Noires. Comme le reste. Dans ces couleurs que je déteste Mon parapluie, noir, se déplace Et ses camarades l’agacent Les roses se foutent de lui Les bleus s’en balancent un peu Les verts, au mieux, lui sourient Et quelques gris font double jeu.
Mais à force de pluie Voilà que discutent les parapluies : « Joli temps, n’est-il pas ? » « Meilleurs pour nous que ceux d’en bas ! » Et le noir, un peu plus sur Parle de sa vie, ses aventures Et se sent mieux. Le temps passe, le voilà joyeux Peut être mieux Heureux.
Mais bientôt un carrefour Je dois aller à droite Pas de détour. Les autres vont à gauche Pas de détour. Mon parapluie les regarde passer En voyant les roses commence à se marrer En voyant les bleus s’en remet En voyant les verts se sent s’attrister En voyant les gris sent une goutte couler Mais ce n’est pas la pluie C’est un peu moins joli Mais bon, quand faut y aller… On le savait tout les deux, après tout Qu’importe où l’on allait, nulle part ou n’importe [où On ne pouvait pas oublier.
Cette boisson qui n’est pas de l’eau Ce visage disparu Ces cris, ces mots Ce que mes yeux dévastés ont vu.
« Ce visage disparu » ? Non, il est encore là, Mais ces jours hors de ma vue L’effacent ici et là. Il me manque un peu… Enfin Il me manque c’est certain… Imbécile heureux ! Il te déchire de partout ! Effacé ? Fait moi rire ! Combien de pensées, combien de soupirs ? Combien pendant que tu étais « loin de tout » ?
« Ce visage disparu » C’est peut être mieux Ma présence incongrue Le rend malheureux. J’ai perdu Oui J’ai perdu Celle là c’était la der’ Me voilà poussière Dans sa réalité Me voilà poussière Dans ma réalité.
Alors quand tombe la nuit La voilà fusionnant avec mon sombre habit Pour me dissimuler Et je me prends à graver En or sur une cabine rouge Dans un Londres muet où plus rien ne bouge Huit lettres dorées Caroline. Et puis sur la pelouse parfaite D’un Londres qui aime la tailler Je m’emploie à la brouter comme une bête Pour former des lettres ambrées Caroline. Et puis sur une horloge géante Un pot de peinture à la main Je peins de façon permanente Ce mot qui m’éveille le matin Caroline. Et ledit matin Quand Londres s’éveille enfin Le London Eye Où que son œil aille Ne voit qu’un mot dans la bruine Caroline Caroline Et l’Angleterre le lit aussi Toute entière Caroline Caroline Je reviens Toujours sans rien Sauf mes souvenirs d’hier Pour demain.
Eux
Le Conte
Quatre amis Assis dans l'herbe Jouent à passer le temps, parlent un peu et rient Sur fond acerbes. Une innocente, Un méprisé, Une inconsciente, Et un suicidaire à tuer. Ce n'est plus un groupe aux cris joyeux qui montent C'est un conte.
Grimm s'en pendrait, Perrault lui s'en fout, Et La Fontaine en rirait Plus que de ses animaux et ses fous... Un conte pseudo-comique Satyro-dramatique Et plus si affinité, Ridicule s'il en est...
L'innocente porte son nom De sa malchance Elle n'a rien fait pour être à l'abandon, Mérite la romance Mais prise par son cœur Elle fait semblant De ne voir que les fleurs Au milieu des tourments... Jalousie refoulée Et plaie qui cicatrise Méprise Ou bien réalité?
Le méprisé avait pourtant reçu Le cadeau qu'offre le Destin à si peu Un être éperdu Un cœur amoureux Il s'en fout Il est libre de choisir sa voie Sa mauvaise voie Pauvre fou... Après une impasse il a fait demi-tour La vie l'a appelé Il a fait le sourd Et s'est engouffré Dans un nouveau chemin... De loin le plus malsain.
L'inconsciente l'est-elle? Ou fait-elle semblant? Le méprisé l'observe avec un tel zèle Que déjà dans ses yeux apparaissent ses dents... Pourtant Elle sourit Heureuse ou pas Surtout à lui Un peu à moi.
Quand au bon suicidaire Joué par le petit moi Il se terre Dans l'émoie. Il méprise A sa guise Et observe Les paroles sans verve De son ami aimé de la haine de l'amant Obstinément.
Ennuyeux à mourir... Le suicidaire en est heureux Une raison d'en finir! Le pathétique des miséreux! Tout d'extérieur Rien au final Quand le bonheur Et l'amitié Riment assez mal Chez les bornés... Belle histoire somnifère Que la haine ordinaire.
Le Puits
Tout au fond d'un immense jardin Aux fleurs de vie Se trouve un édifice malsain, Un sombre puits.
Le soleil inonde de rayons L'étendue verte, Et lutte contre le noir profond En pure perte...
Comme les parfums semblent charmants! Doux et fruités! Ils couvrent celui malodorant Des eaux usées...
On peut voir des abeilles qui volent Dans tous les sens On vit lorsqu'il ne règne au sous-sol Que le silence.
Quittons donc un instant Cette plaine de joie, Visitons toi et moi L'immonde trou puant.
C'est un gouffre sans fond, sans cordes ni échelles Si bien que l'on ne peut y descendre en rappel. Une fois que l'on y a -malheur!- mis un pied, Voilà que nous chutons sans pouvoir remonter.
La lumière s'éloigne et tous les sons se taisent, Et la puanteur nous fait craindre le malaise. Suffoquant en tombant, notre pensé s'en va Au loin où la vie et la mort n'existent pas.
Plus tard lorsque le ciel n'est plus qu'un souvenir Nous sentons tout d'un coup le froid nous [parcourir... Dans cette obscurité les parois se resserrent, Les branches ouvrent des plaies qui s'emplissent de [terre.
Enfin, alors que nous pensions notre douleur Arrivée en son sommet avec notre peur, Nos corps percutent une surface glacée Et nos poumons s'emplissent de cette eau gelée.
Et j'ai mal. Et je coule. Tout est sale Et je coule.
Je ne veux plus bouger, C'est inutile. Je ne veux plus rêver, C'est trop futile.
Mes paupières se ferment Pourquoi lutter? Car dans ma tête germent D'autres pensées.
Je veux enfin dormir Pour m'en aller. Je veux enfin mourir Pour m'arrêter.
Mais j'attrape ta main Pour te sauver, Et te permettre enfin De vivre en vrai.
Je ne vois pas le fond, Le temps me semble long... L'oxygène me manque Toute ma vie se planque.
J'ai froid En moi En toi Pour toi. Et noir.
Mer
Dans le vent mauvais s'écoule le pus de l'âme Le pus des diables. Élans incongru de l'amour d'une femme Abandonné au sable Du désert morne de sa vie sans justice, Et qui pourtant existe, Qui cherchait le breuvage d'un éthéré calice Qui y trouva la mer des émois fantaisistes.
Pauvre tortue, huitre, carapace molle Qui regarde passer Ses heures et ses idées les plus folles Et surtout qui la voit marcher Comme un être Comme une âme Et comme une existence.
Libre devant la mer Lui attaché à son sol malléable pourtant Doté des griffes de la poussière Il se décolle peu à peu obstinément Et se rapproche et avance Et avance Et trébuche De sa chance Fait l'autruche Et avance Et trébuche.
Sables mouvant, traitrise, En sort le vilain chien effronté Qui à sa guise Se déplace jusqu'à la toucher Faisant fi de la mer Et du retardataire.
Mais la vague est maligne et Se croyant gagnant Le canidé soupir, gémit, hurle à la pitié Devant les sentiments Les siens Les miens A Elle Et elle Et tout se déchire, et tout est désespoir Le noir.
Sous le sable je suis à nouveau immobile Impertinent je sors. Elle n'a bougé d'un cil Et contemple la mer et le soleil qui s'endort Dans ses yeux qui racontent le monde Le mien Le sien A Elle Et elle Et les étoiles se cachent, honteuses Devant ses larmes malheureuses.
Alors j'avance D'un pas Dans son sens En espérant tout bas Essuyer ses yeux Amoureux De la caresse de l'écume de ma joie.
Les Autres
La Vie des Oiseaux
Les oiseaux naissent Après la bataille Ils n’ont pas la paresse De nos bébés qui baillent Ils déchirent une entrave d’émail Pour la liberté Pour la liberté.
Ces oiseaux qui naissent Crient comme nos enfants Mais des cris d’allégresse De joie de vivre vraiment Ce n’est pas ce beuglement Strident, dégoutant De nos mouflets Eux ont la liberté Eux ont la liberté.
Les oiseaux en grandissant Voient leur peau se couvrir D’un plumage discret ou resplendissant Qui leur fera découvrir L’apogée de leur liberté L’allégorie de l’envi d’exister Le ciel Sous leurs ailes Ils volent loin, loin Des hommes qui les regardent De loin, de loin Mais prenez garde Ils sont jaloux Et attendent que fatigués Vous vous posiez Pour vous tordre le cou.
Et l’oiseau lorsqu’il meurt N’a rien à regretter Il n’attendait ni l’âme sœur Ni la richesse, ni d’être parfait Non Juste la liberté Alors à l’agonie ils fermeront Leurs yeux sans rien regretter Dans un endroit où l’homme ne peut regarder, L’homme qui crèvera frustré, Pour éviter d’être gêné Et quand la mort arrivera L’oiseau sourira Parce qu’il sait déjà Ce qu’est le paradis Ce qu’est l’infini Il s’endormira Et laissera aux autres Sa liberté Simple, belle, à des années De la notre. Et nous ? On espérera comme toujours Qu’après la mort se lève le jour Car nous On ne connait rien De la liberté On nait dans le chagrin Vivons dans nos pensées Et mourrons sans rien Alors un oiseau c’est con Oui Mais c’est con en bien.
Le discounter
Deux portes coulissantes Portant une affiche déchirée S’ouvrent, toujours plus lentes Que désirée Bienvenue consommateur Dans votre discounter Où joie, comme vous le constatez Tout est soldé.
Il y a des produits soldés Des vivres, de la première nécessité C’est bon à prendre Sans comprendre Comment on vend tout à prix bas C’est en tuant à tour de bras Par là bas à l’est Oui, c’est là bas qu’on moleste Les femmes, les enfants, les pauvres gars Qui veulent manger du pain Juste un peu de pain Alors on les frappe pour les faire taire Et on les paye à la fin du mois Enfin, c’est ce qu’ils espèrent C’est un peu plus simple parfois Et nous on les regarde faire En pensant à notre costume A notre Yacht, à nos vacances A notre vie qui se consume Avec la satisfaction, l’espérance Que se soit moins vite que la leur…
Il y a des gens soldés Loin des yachts et des costards Eux ont le regard un peu noir Des égarés Ils ne savent pas vraiment où ils vont Mais ils marchent Ils suivent leurs imams, leurs patriarches Leurs rêves, leurs ambitions S’ils en ont Parce que les moins cher N’en ont plus vraiment Ils ne se demandent guère Où vont tous ces gens Que non Ils s’en vont tout droit, au rayon surgelé Acheter à leurs mômes de quoi manger Non De quoi bouffer Se demandent peut être ce qu’il y aura à la télé Après les infos, malheur en boîte Où un homme à l’air grave, les mains moites Raconte la vie en Iran On s’en fout de l’Iran Ils ne chantent pas très bien Ils gueulent Ils n’ont pas de Patrick Sébastien Pas un seul Ils n’ont pas d’île à filles à poiles Elles portent toutes le voile… Alors l’Iran On s’en fout de l’Iran.
Il y a des sourires soldés Quand on arrive en caisse Accueillit par la douce caresse D’une voix qui vient nous saluer C’est la caissière Et elle n’a rien demandé La caissière Ce n’est pas à vous qu’elle causait Des « vous » elle en a eu quarante Ou peut être quatre-vingt Sous ce sourire ses yeux mentent Et dévoilent son chagrin Parce qu’elles passent les bidules Les trucs et tous les machins Sous des « bip » qui pullulent Et les soldés qui ne disent rien Elle voulait faire hôtesse de l’air Ou infirmière Ou bien vétérinaire Femme d’affaire Etre dans un ministère Et la voilà caissière Au milieu des « bip » qui polluent l’air Mais elle sourie quand même C’est ce que les gens aiment Et dans ses yeux en regardant bien On voit un palmier La Méditerranée L’envi de voyager De partir De partir…
Alors moi, j’ai acheté Avec l’argent que j’avais gagné Les produits Les gens Le sourire de la caissière Et je les ai jetés Et puis je suis parti Et dans mon dos j’ai senti Une odeur malsaine La bêtise humaine Et j’ai souris Parce que moi aussi Je serais soldé J’achèterais mon lait Dans le discounter Je me demanderais Si Docteur House est à vingt heures Et je sourirais Devant la caissière qui s’est forcée Et oui, mais moi au moins Je le saurais On me soldera peut être moins Enfin On peut toujours rêver.
L'Horloger
C’est l’histoire d’un horloger Tic tac tic tac Qui venait d’emménager Tic tac tic tac Dans une maison en retrait Tic tac tic tac Où personne ne le dérangerait Tic tac tic tac Les horloges sur les murs accrochées Tic tac tic tac Inlassablement à l’unisson faisaient Tic tac tic tac Et bien que ça puisse vous mettre un sacré toc Tic tac tic tac L’horloger lui il s’en moque Et tic tac tic toc.
Un jour un client arriva Tic tac et cætera Car sa montre ne marchait pas Tic tac ça ne faisait pas Et cela l’embêtait un peu Pas de tic tac, c’est malheureux ! Car il devait une fois sur deux Pas de tic tac, mais c’est affreux ! Demander l’heure aux gens qui passent « Combien de tic tac ? » ça agace… Avec cette montre bonne pour la casse Sans tic tac, on se tracasse…
L’horloger l’observe alors Tic tac tic tac ça fait encore Et lui demande un peu surpris Deux trois tic tac avec lui « Vous voulez vraiment savoir l’heure ? Tic tac et ses frères et sœurs C’est pourtant bien malvenu Tic tac tic tac ingénu De voir avancer le temps Tic tac en accompagnement Qui nous éloigne du printemps ! Tic tac inlassablement. »
C’est au tour du bon client Que les tic tacs agacent vraiment De montrer son étonnement Arrêtez ces tic tacs bon sang ! « Mais enfin mon bon monsieur ! Que tous ces tic tacs rendent heureux ! Comment pouvez travailler Et ça tic tac sans s’arrêter Avec des objets que vous répugnez ? Et ça tic tac ces effrontées ! »
Mais le commerçant s’attendant Toujours dans ces tic taquements A cette question avisée Sonne tic tac de vérité ! Lui répondit « Moi, mon ami, Qui trouve les tic tacs jolis Je n’ai jamais aimé les gens Qui ne tic tac pas gentiment Ils sont tous pressés à l’excès Comme des tic tacs accélérés Et ne prennent pas le temps Dans ces tic tacs retentissant D’écouter les cœurs battant Dont les tic tacs sont battements Moi dans cette cacophonie Ces tic tac jour et nuits J’apprends à écouter les cœurs Boum et tic tac sont frères et sœurs Celui des autres et puis le miens Quand il ne tic tac plus très bien. »
Le client s’en va songeur Ces tic tacs le laissant rêveur Et l’horloger, bon artisan Au son des tic tacs entrainants Finis de réparer l’objet Qui refait tic tac désormais ! Mais après cette jolie morale Tic tac tic tac et puis un râle Le pauvre homme se met à pleurer Tic tac tic tac chagriné Car il est seul. Tic tac. Car il est seul. Tic tac. Et il aime. Toc.
Mélodies de l'Amour
Sur une partition ne semblant avoir d’âge S’enchaînent des notes sur un rythme inconnu. Mélodie de l’amour, ô toi curieux adage, Aux refrains et couplets que les hommes ont perdu.
Tout en accords majeurs lorsqu’il paraît au jour, A tempo allegro, aux nuances forte, Sonorités si vives quelle rendent sourd Aux artifices de ce concerto surfait…
Car à son zénith apparaissent les nuances, Et nos tierces majeurs perdent un demi ton. Mélancolie d’un refus, ô jolies souffrances, Mineur sera le reste de notre chanson…
Soupçons irascibles et cascades de larmes, Tierces superposées, accords diminués, Et voilà que la crainte tue les derniers charmes De cette symphonie nous venant du passé…
Se sentant à la mort, les notes se transforment. Fuyant entre les lignes de la partition, Que de transpositions ! Cacophonie sans forme ! Agrégat inaudible de multiples sons !
Mais quand la nuit paraît, chacune a su se taire, Reste seul un Mi rebelle joué au piano, A la plus basse octave, celle des enfers, Final agonisant, tout en decrescendo.
Jeune Amour
Quand l’amour est jeune Il passe en coup de vent C’est la folie d’un instant Et on le déjeune Comme un café noir Un coup dans le gosier Et tout est terminé Passons à une autre histoire…
Cet amour là Il passe par une fenêtre Lors d’une nuit sans voix Là où on ne s’attend pas A le voir paraître Et lorsqu’il entre par cette vitre Il voit tous ces gamins faire les pitres Dans un monde coloré Des lumières colorées Des verres colorés Et de la fumée Qui leur fait voir les couleurs un peu mieux Qui transforme la vie en jeu Pour quelques heures Oublier la douleur Qu’ils attisent sans comprendre Qui les réduit en cendre Quand le soleil se lève enfin Sur un univers malsain Qui pue le vomi Et les faux-amis…
Mais cet amour là s’en fout Il voit ce grand brun Qui boit comme un trou Il s’amuse avec rien Il rit fort Il titube ça et là Et ses comparses le voyant dans cet état L’adore Lui, Dieu de l’inconscience Maître de la connerie Tueur de conscience Philosophe abruti On l’adule, divinité d’un soir Mais vous pouvez me croire Quand il aura décuvé La trentaine passée Il regardera derrière lui Ces instants de gloire Et contemplera le gris D’un avenir où boire Ne lui servira à rien Où il ne sera rien Un Dieu déchu D’un paradis incongru.
Et puis l’amour voit cette jolie fille Les cheveux de jais Elle a les yeux qui brillent A force d’aduler Car elle veut être libre Comme ce brun là-bas Qui a la voix qui vibre Du ton que l’anarchie emploi Comme il est beau Comme le monde est beau Après cinq verres Aller, rendons le parfait Avec une dernière bière Et allons parler A ce Dieu brun Sans but aucun Quand on a bu autant On n’attend plus rien On se laisse juste porter par l’instant « Carpe Diem » comme on aime dire Jusqu’à se voir mourir Et regretter.
Cet amour les voit ces deux là Et se sent d’humeur comique Elle les fout à deux sur les draps Et observe cet instant bucolique La fille qui cri L’autre qui sue Et comme on mélange deux gris Ces deux là teintent le tissu De liquides immondes Chacun dans leur propre monde C’est leur art particulier De changer le plus beau des actes En produit manufacturé Sans entracte Sans sentiment Allons-y, simplement Sous les yeux du jeune amour Qui se marre bien dans son coin En pensant à la levée du jour Au lendemain matin…
Car le lendemain Notre ami le brun A côté de la fille aux cheveux de jais Se mettra à jurer Sans avoir le souvenir De ce qui a pu conduire Cet objet dans sa couche Il prendra une douche Pour se remettre au frais Et se préparer à virer La gêneuse de son lit Le bon coup de sa vie.
Elle les yeux pleins d’étoiles L’aimera vraiment Elle prendra le voile Pour ses sentiments Et rêvera de lui encore Quand il rira de son sort Et la foutra dehors Parce qu’il est libre Et parce qu’elle est libre.
Le jeune amour amusé Ira en chercher d’autres Il n’aura aucune peine à les trouver Ce sont mes amis, ce sont les vôtres C’est celle que vous voulez aimer C’est celui que vous haïssez Qui le temps d’une nuit vont mélanger Des liquides sur des draps souillés Et l’amour rira de vous voir peiné Rira de la fatalité Car vous êtes celui qui aime vraiment Celui qui chérit chaque instant Celui qui veut vivre un présent Qui assure une fin Celui qui a du chagrin Quand tout est terminé Celui qui souffre en vain Quand son cœur est blessé Et celui qui n’aura rien Et celui qui n’aura rien… En vous souhaitant une bonne lecture! N'hésitez pas à faire part vos impressions! |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Dim 9 Jan 2011 - 13:35 | |
| Un poème ne prenant pas place dans ce recueil à présent. La Mort des Heures
Petites innocentes magnifiées par le crime Arbres de nihilisme dont on tranche la cime Pour celles qu’on assassine avec force bonheur Je dédis quelques vers à la mort des heures
Douloureuse infortune que ce doux génocide ! En tout lieu il prend place, souriant et avide De ces heures affolées et de leur frère le Temps Il les traque et les éventre impitoyablement
Quand l’agonie survient, on se veut bien surpris De la voir porter joie ou monotonie ! Certaines sont jouissives, et pleines d’allégresses D’autres se veulent si longue que l’attente même blesse
Mais qui sont ces assassins sans but ni scrupules Ne cherchant que la vue de cette vie qui brule ? De cruels désœuvrés, des vous ou bien des moi Qui font d’un crime ignoble un naturel, un droit
Alors portons un deuil à cette joie martyre Par le plus beau silence, tout en laissant mourir Leurs filles orphelines qui tremblent de peur Sacrifions des minutes à la mort des heures. Vos commentaires pourront se retrouver ici! |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Jeu 10 Mar 2011 - 21:48 | |
| Quête
Cyniquement seul et perdu En des rues trop peu bicéphales, L'homme boiteux cherche son Graal Sans plus se soucier d'un salut.
En sa main gauche il est armé De son opulente misère. Sa faible voix rauque et amère Désabuse de vanité.
Noyant de soif sa lassitude, Il éclaire sa solitude De son élégant désespoir.
Pressé d'être enfin désœuvré, Il a écarté l'illusoire D'un trottoir si bien animé. Un sonnet en octosyllabe pour changer du vers libre. Un Commentaire? |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Dim 13 Mar 2011 - 18:04 | |
| Onde en écho Sur un balcon toujours plus haut que moi Tu riais comme un passé qui crisse Dieu comme tu es laide, fille en joie Laide comme le mystère d'un obscur abysse.
Tu t'écoules sans rien voir Silhouette en cascade Ma goutte de silence, ma mer de désespoir Les flots de ton corps me rendent maussades.
Le son de ton doux liquide Ne m'atteint pas Mes sens ont trop connu l'arride De l'hiver de ta voix
Une statue de glace Hurlements cristallins Qui enfin s'effacent A force de lendemains.
La rivière s'enfuit toujours Pour revenir encore Coule, coule fille sans contour Mon pied un jour te traversera sans remord. Un Commentaire? |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Mar 22 Mar 2011 - 18:20 | |
| Le Boulevard des Mèlesombres
Lorsque les fléchettes d'or Traversent l'opaque des avenues Qui se trouvant blessées à mort S'arrêtent de hurler à notre vue Émerge des lumineux décombres Le Boulevard des Mèlesombres.
Au hasard souvent si tendre De la course des projectiles scintillants S'embrassent et se confondent à s'y méprendre Sur des murs délicieusement blancs Des ombres pour un court instant.
Elles se suivent en un dialogue Qu'un goudron avide ne retient pas Trottoirs en grèves, pas en pirogues Sur ce canal un cœur bat Cette pénombre qui s'enlace S'adule et enfin fusionne Qui langoureusement se prélasse En lui rayonne.
Malheur que ce simple virage Où accélère le courant Pour ne laisser qu'un beau mirage Agonisant Comme les hommes voudraient plonger Ignorant une vie qui sombre Pour s'étendre une éternité Sur le Boulevard des Mèlesombres. |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Lun 4 Avr 2011 - 17:57 | |
| Azur Nocturne
Sur ma nuit Naissent des réverbères bleus Dans mes rues de minuit Les lumières se reflètent dans les vitres D'immeubles trop vieux L'ombre, avachit sur mes yeux en pupitres Se lève enfin Et disparait dans un caniveau Proche d'un lendemain Et l'allée qui s'éclaire se répond en écho Bleu M'engage sur l'éphémère sureté De ces miroirs illuminés Bleu Ce goudron qui me retient Je m'en arrache, et tout devient Bleu Elle irradie Je me ravie De l'aube bleue. N'hésitez pas à faire part vos impressions! |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Dim 19 Juin 2011 - 20:09 | |
| Vivant suspendu
Le ciel est affamé L'Astre dévore au plus haut ces bâtisses Que la terre a gardé Midi se glisse Entre les égarés.
Vent, vent qui m'obsède Les colosses de béton te sifflent Je suis las de tes gifles Enfin! Mon corps te cède Et je te suis là où tu souhaites M'emmener A la douceur de ton ballet Mon oreille, je crois, est prête.
Hurlant à la vieillesse, les balcons Voudront me retenir Mais j'irai, enlevé du goudron Elevé d'avenir. Une fenêtre est ouverte Quelque part au fond des rues Comme une joie offerte... Silencieuse est la vue De cette invitation Entrons. Vos commentaires pourront se retrouver ici! |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Ven 21 Oct 2011 - 20:13 | |
| Elle arrive toujours les yeux baissés, comme si le ciel et l’horizon n’avaient rien à lui offrir, et le deuil nocturne des matins d’octobre lui donne l’apparence étrange d’une ombre unique, du spectre parmi les spectres, plus unique encore que s’il apparaissait soudain dans une rue solitaire, au coin d’une ville où certaines terres semblent plus vierges encore du joug des humains que nos jungles vivaces ; dans ces rues la vie la plus certaine est inscrite dans la fissure de la brique, dans le dépôt abject, dans l’écoulement sous-terrain. Elle n’a pas besoin de cette vie mal incrustée, un peu vague, extérieur. Elle n’a pas besoin du vide pour être, pour faire relief, pour être hiéroglyphe sur un mur usé ; c’est la foule qui lui va le mieux, les crissements indistincts et monotones de la ville qui s’éveille qui font résonner sa voix, le mouvement qui l’accomplie. Elle ne m’a jamais rencontré qu’en marchant. Elle essuie, à ces moments-là, l’horreur de mon imagination oblique. Elle a vêtu sous elle toutes les robes, toutes les tiares, toutes les atmosphères. Elle a voyagé sur toutes les terres, toutes les traversées, toutes les métaphores. Elle a, dans mes yeux, tout vécu ; et pourtant chaque fois j’en change, irrité par une difformité se formant à l’instant même où la scène se dresse autour d’elle, à cette seconde exact où le décor va l’envelopper, l’insérer dans le théâtre de mes vies. Elle est chaque fois trop banale, trop superbe, trop proche, trop lointaine ; parfaitement singulière. Elle n’admet ni en-deçà ni au-delà ; toujours, toujours la nuit mourante et réelle s’échappe des utopies trop édulcorées, chimiques. Elle libère de la subjectivité des sciences, de leur appropriation despotique ; enfin la terrifiante objectivité, l’exorcisme des mirages parlés. Elle arrive et tout n’est que réel. « Tu es belle » ; c’est le ciel qui parle, celui qui ne peut habiter ses yeux. Elle s’arrête et ils se lèvent vers les miens. Elle n’a pas l’air de comprendre qu’ils sont terrifiés, eux qui ratent toujours un peu ce qu’il faut voir, qui s’attardent toujours un peu, comme une manie agaçante chez celui que l’on connait depuis trop longtemps. Elle sourit ; le ciel s’empourpre ; je n’avais pas remarqué le soleil dans son dos. Enfin elle a levé la nuit. |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Ven 21 Oct 2011 - 20:14 | |
| Peinture
Tu t’es lassé de vivre parmi ces gens
Ce chêne dans ce parc vide est toujours nu C’est la seule rosée la seule qui l’habille Et le laisse déçu Pleure la branche et toi tu vacilles Dehors bourdonne comme un mal affreux Extérieur n’est plus Il hurlait comment oses-tu être amoureux Comment et c’était là ta question A un clergé avare cher à la liberté Comment ô dites-moi comment aimer Mais cela n’avait pas de nom
Tu crois aux poètes comme aux enfants
Le chêne est toujours vide dans le parc nu J’y étais Je croyais en la rime ingénu Et tu sais comme elle l’a brisé mais Elle est spectre à mon pas Mon essence déchirée, mon intrus Mon fils paria J’aime parfois j’aime j’aime Résonne la rime résonne Et tout ce qui vibre et tout ce qui sonne S’effondre sous d’antiques emblèmes
Il y a longtemps que tu ne vas plus nulle part
Car où courir L’étang est vide La branche a cédé et il est tard Le vent sur le gazon te reflète plein de rides Et ton abri s’appuie sur un saule blafard Tu t’allonges Tu t’étends sous un nuage avide Mais sans le vouloir il te ronge Pourtant avant la nuit pourtant Il était joli Il était sans prétention et tu ris Mais l’écho ne te renvois que le temps
Il y a un enfant sur tes yeux hagards
Mais lui n’a pas vu l’ombre aux paupières Ne lui en veux pas Il ne se souvient même pas d’hier Il a le sourire de ces anges béats Sur la cathédrale à Reims Ou les photos publicitaires Il est entre les deux c’est un prince Qui règne sur ton œil en tailleurs Parfois je le salue Et toutes ces pages qu’un jour j’ai lu Me sont valeurs
Regarde le parc ferme Nous sommes seuls Et nous parlons adossés à l’épiderme De l’univers |
|  | | Edward SmithRomancier Messages: 530 Inscrit le: 06/11/2010 Localisation: France
 | Sujet: Re: Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) Mer 26 Oct 2011 - 20:37 | |
| Insula
Insula ! Insula ! serpentant sur l'eau vide Insula et tes rêves et tes châteaux d'argent Et puis tes tentations des peines régicides Insula dans mes bras tu dérives en riant
Et ce jeu de tes côtes qui sans cesse s'éloignent Puis reviennent C'est enfin l'infini sans but que l'on empoigne Oh si je l'atteignais qu'un naufrage me prenne
J'ai tellement vécu pour faire un long voyage Et cueillir quelques fruits et courir les vergers Que mon bateau parfois m'obligeait à la nage Aux forêts sous-marines la pomme est salée
Enfin enfin j'arrive Insula morte mer Je file sur l'eau noire enfuit toi donc et vite Je ne sais de ton corps qu'une infinie poussière Loin de mon eau qui dort et d'un amant en fuite. |
|  | | | | Recueil de poèmes, Edward Smith (AP?) | |
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