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 Pokémon Alternative (G)

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Edward Smith
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Masculin Inscrit le: 06/11/2010
Localisation: France

MessageSujet: Pokémon Alternative (G)   Sam 6 Nov 2010 - 16:04

Introduction: Une scène familière


« Merci Professeur. Je ne vous décevrais pas.
-Je sais que je peux compter sur toi ! »

Le jeune garçon se dirigea vers la sortie du laboratoire. Derrière lui, un vieil homme aux cheveux gris le regardait partir d’un air bienveillant, tandis qu’un autre enfant aux cheveux bruns, d’un peu plus de dix ans à l’instar de son homologue qui se dirigeait vers la sortie, était en ébullition. A peine ce dernier eut-il le temps de faire une dizaine de pas que le sulfureux gamin l’interpelait.

« Eh minable ! Ton Pokémon est trop naze ! »

L’autre s’arrêta. Courroucé comme tout garçon à son âge, il se tourna vivement vers son agresseur, l’air visiblement contrarié.

« Répète un peu ?
-Il ne rentre même pas dans sa Pokéball ! C’est complètement ridicule ! Tout Pokémon se doit de rester dans sa Pokéball jusqu’à ce que son dresseur fasse appel à lui ! Se moqua le brun.
-Ah ouai ? Pour moi ça prouve juste qu’il est original, voilà tout ! »

Derrière le jeune homme, l’intéressé montrait son approbation en abordant un air belliqueux. Ses petites joues rouges étaient déjà parcourues d’éclairs menaçants, prouvant qu’il n’attendait qu’un geste pour se battre.

« Les enfants enfin… Commença le vieil homme derrière eux, quelque peu dépassé par la tension ambiante.
-S’il est si formidable, je te lance un défit ! Annonça l’enfant brun avec un sourire en coin, dévoilant son profond mépris envers son opposant et surtout sa profonde indifférence pour l’homme qui le rappelait à l’ordre. Voyons ce qu’il vaut face à MON Pokémon, minable !
-Sans problème, prêt Pikachu ?
-Pika ! Assura le petit Pokémon jaune aux airs de sourie. »

Le vieux Professeur abandonna l’idée de les arrêter. Après tout, ils étaient jeune, quoi de plus normal que de les voir se chamailler ?

« Dans ce cas… Evoli, montre lui ce qu’est un Pokémon ! »

Le jeune brun lança une sorte de sphère rouge et blanche au sol. Celle-ci s’ouvrit en deux et, après un flash rougeâtre, matérialisa une sorte de chien au pelage marrons et blanc. Ses petites oreilles en pointe étaient dressées sur son crâne, et ses yeux noirs brillaient du même éclat que ceux de son opposant, le Pokémon jaune qui étincelait de plus belle.

« Evoli, attaque charge ! »

Sans plus attendre, le Pokémon s’exécuta et fondit sur sa cible. Prit de court par la rapidité mal anticipée de son adversaire, le Pikachu prit l’attaque de plein fouet. Il fut projeté un mètre plus loin, sur la bibliothèque du laboratoire qui commença à osciller dangereusement.

« Pikachu ! Tu vas bien ? S’enquit son jeune possesseur.
-Pikapi, Pikachu ! Lui affirma le Pokémon.
-Parfait! Dans ce cas, lance ton attaque éclair! »

Le Pokémon sourie se concentra. L’électricité qui parcourait ses joues depuis le début de l’affrontement envahissait maintenant son corps entier. Devant lui, l’Evoli semblait déstabilisé par la scène et était complètement paralysé.
Lorsqu’un éclair quitta le corps du Pokémon pour piquer droit vers sa cible, celle-ci ne put donc que, à son tour, subir l’assaut sans même réagir.

« Evoli ! Bon sang relève-toi ! »

L’attaque avait effectivement était sévère. Le Pokémon allait pourtant effectivement se relever, lorsqu’une nouvelle attaque l’atteint sans prévenir. Tétanisé par la douleur, ce dernier s’écroula, inerte, les yeux clos.

« EVOLI !! QU’EST-CE QUE TU LUI AS FAIT MINABLE ?!
-C’est le lot de tout dresseur Pokémon Blue, intervint le Professeur resté en retrait pendant cet échange. Ton Pokémon sera blessé à chaque bataille. J’ai de quoi m’occuper de lui ici, mais plus tard tu devras te rendre dans un centre Pokémon.
-Grrr… Tu le regretteras minable ! Je te ferais payer ça ! Ragea le dénommé Blue.
-En attendant j’ai gagné. Retire ce que tu as dit sur mon Pikachu à présent.
-Tsk, effectivement ton Pokémon vaut peut être quelque chose. Mais toi t’es un raté ! Un perdant ! Là je n’étais pas chaud, et je ne suis pas encore très puissant, mais tu verras dehors c’est complètement différent ! T’arriveras même pas à obtenir le moindre badge, minable !
-C’est ce que nous verrons, Blue, rétorqua le gamin en réajustant sa casquette. Je pars pour Jadielle à présent, il y a une arène là-bas, et moi et Pikachu sommes prêts à y gagner notre premier badge !
-Pika ! Renchérit Pikachu.
-Ahahah ! Tu crois déjà avoir le niveau pour affronter un champion ? T’es décidément le plus minable de tous les minables que je connaisse !
-Blue a raison tu sais, tu devras t’entrainer un peu plus… Voulu ajouter le Professeur.
-Au revoir Professeur Chen ! Salut Blue ! On se reverra sur les routes ! »

Le garçon était déjà partit. Prenant une chaise derrière lui, le vieil homme s’assit en soupirant, à l’intention de Blue qui était toujours présent.

« Tu sais Blue, je me demande vraiment jusqu’où ce garçon va aller…
-Peu importe grand-père, car je le vaincrai, où qu’il aille !
-Eheh… Je n’en doute pas mon garçon, vous êtes comme chien et chat depuis que vous êtes nés. Cette rivalité vous sera surement bénéfique !
-Peuh, j’ai pas besoin de ce minable.
-Tu as peut être raison… En attendant, voyons comment se porte ton Evoli tu veux ? »

Blue jeta un dernier coup d’œil à la porte du laboratoire, là où se tenait son rival de toujours il y a à peine quelques minutes. Il avait prit de l’avance sur lui. Mais cela ne se passerait pas comme ça.

« Passe devant, je te rattraperais toujours… Red. »


I.Un premier départ

C’était une nuit de Jadielle
C’était une nuit sans Lune
Mais le vent, en mélodie si belle
Soufflait au loin sur les vertes dunes
Un vent qui disait « Lève-toi »
Moi qui lui répondais « Me voilà ».


Cahier de Poésie de Zanmato Shinryu, date inconnue.


Le soir était bien avancé, et pourtant Zanmato ne dormait pas. Comment le pouvait-il entre nous ? Sa vie allait prendre un tout autre tournant le lendemain, ou plutôt au matin puisque minuit semblait passé depuis au moins une heure. Il avait bien prit sa décision, et cette fois il était prêt.
Ne croyez pas que décider de devenir Dresseur est une chose facile. Vous avez surement du entendre parler de ces fictions où les gamins âgés d’à peine plus de dix ans s’en vont courir les routes, sans plus d’inquiétude que celle de ne pas remporter une compétition. La réalité est tout autre : imaginez un peu, des gamins seuls sur les routes, une opportunité pour tout voleur qui se respecte. De vrais voleurs, le genre de type qui sont armé d’une arme fiable comme un couteau, et pas un dirigeable et des gadgets étranges. Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi tous ceux qui possédaient des Pokémons pratiquaient un autre métier ? Tout simplement parce que dresser les Pokémons est avant tout un loisir. Tout comme votre voisin qui fait son jogging tous les matins n’est pas un coureur professionnel, celui qui possède quelques Pokémons n’est pas un dresseur. Ce n’est qu’un simple amateur, parfois plus ou moins doué rien de plus. Choisir la voix du dressage de Pokémon, c’est accepter de vivre sans autre rémunération que ses matchs ou les quelques services qu’il rend. Il s’agit d’un métier aussi peu sur que celui d’artiste, et de loin plus périlleux. Et pourtant des dizaines d’enfants s’y lancent chaque année… Chacun sait combien parviennent à atteindre la Ligue Pokémon de leur région, tout juste une dizaine, mais peu de gens savent que la moitié d’entre eux reviendront en pleurant chez leurs parents avant même d’avoir obtenu leur premier badge de la ligue.
Alors que dire du rêve de devenir Maître Pokémon dans ces conditions ? Eh bien, il s’agit d’un rêve de la même nature que celui de devenir champion d’un discipline sportive ou un musicien parfait : il fallait être soit parfaitement fou, soit tout à fait narcissique pour poursuivre un tel rêve toute sa vie. Avant cela, on peut aisément mettre cette folie sur le compte de la jeunesse.
Oui, c’étaient les arguments des parents de Zanmato. Combien de fois les avait-il entendus ? Couplé de « Et l’école ? », « Pense à ton avenir », « Et si tu n’y arrivais pas ? » ? Mais il avait un fort caractère, et il n’était pas du genre à abandonner ses convictions pour de si piètres arguments. Il avait un vœu, devenir un Maître Pokémon. Il avait un objectif, dresser des Pokémons, les entrainer, combattre. Seul le destin pourrait convenir de ce qui était véritablement le mieux pour lui. A douze ans sa tête était à la fois emplie de ces images idylliques du Dresseur, mais elle était aussi en proie à des réflexions naissantes sur le but de son existence, sur sa place à occuper dans le monde…
Non, vous le savez à présent : avec Zanmato, on ne se marrait pas tous les jours. Il était le genre d’enfant un peu triste qui fait peine à voir et que l’on évite pour ne pas attraper la douce mais perfide maladie de la mélancolie. Jadielle était déjà loin d’être la ville la plus habitée du continent, alors ses liens d’amitiés avec les résidants de sa ville natale apparaissaient comme nuls. Mais il ne détestait personne, et personne ne le détestait en réalité. Non, il était juste seul. Parfaitement et complètement seul.
C’était surement cet argument qui lui avait valu une victoire sur la réticence de ses parents à le laisser partir faire sa vie en tant que dresseur à son jeune âge. Sa vie l’étouffait, et ses géniteurs en avaient conscience. S’il restait dans cet environnement hostile à sa façon d’être, où le solitaire était vu plus comme un fou que comme un original, un être singulier, il finirait un jour par craquer. Et là, peu importe ses études ou son métier, l’avenir ne lui semblerait qu’une notion ridicule en comparaison à son désespoir. Bien sur le jeune Zanmato lui-même n’avait pas pensé jusque là, mais sa mère, en particulier, en était arrivé à cette conclusion. Et c’est ainsi que, après plusieurs mois de débats, toute la famille décida d’organiser le départ de l’enfant dans ce périple, sans n’avoir d’autres propos rassurants que des convictions proprement infondées, des « tout ira bien » et des « d’autres l’ont déjà fait ». Pauvres fous, et combien en ont vécu ? Une poigné, tout au plus. Mais ce pessimisme n’était plus d’actualité désormais. Déjà Zanmato montrait des signes de faiblesses alarmants : ses résultats scolaires chutaient à vue d’œil, et ses camarades de classes passaient à ses yeux de l’indifférence au dégoût. Ce n’était plus un choix, mais une nécessité : Il devait partir poursuivre son rêve, vivre comme il l’entendait et laisser le destin chercher son bonheur, qui ne se trouvait certainement pas dans les conceptions les plus popularistes d’un mode de vie.

« J’ai faim… Pensait Zanmato. »

Il jeta un coup d’œil sur son réveil : six heures du matin. Ses réflexions sur sa situation lui avaient fait passer cinq heures de son temps ! Avait-il dormit ? Il ne le savait pas lui-même. Lui qui habituellement sommeillait jusqu’à tard dans la mâtiné lorsqu’il en avait l’occasion avait les yeux grands ouverts à six heures du matin ! Le voyage commençait décidément bien…
Consentant à répondre à l’appel de son estomac, Zanmato s’habilla promptement et descendit à l’étage inférieur, afin de grignoter quelque chose dans le réfrigérateur familial. Alors qu’il pénétrait dans la cuisine, il trouva ses deux parents, assis l’un en face de l’autre, les traits tirés, attablés. A la vue de leur fils, leurs visages se crispèrent un peu. Le garçon compris très vite de quoi il en retournait : Ils n’avaient pas dormis inquiet du sort de leur enfant unique.

« Assieds-toi, Zanmato, lui proposa sa mère, avec un sourire aussi peu convainquant que celui d’un vendeur d’encyclopédie.
-D’accord, acquiesça l’enfant non sans une certaine appréhension. »

Il savait parfaitement ce que cette invitation signifiait : il s’agissait là du dernier espoir pour ses parents de le voir renoncer à sa quête insensée. Comme il l’avait prévu, ce fut son père qui rompit, après quelques minutes, le silence qui s’était installé dans la pièce.

« Zanmato… As-tu bien réfléchit à tout cela ce soir ?
-A vrai dire, si cela n’avait pas été le cas nous aurions eu cette discussion dans environs quatre heures Papa, ironisa le jeune garçon.
-Soit un peu sérieux je t’en pris Zanmato. Réponds à ma question.
-Oui Papa, j’y ai bien réfléchit. Et ma décision est prise. Qu’importe les risques, je préfère les prendre que de rester ici.
-Est-ce que… Nous-y sommes pour quelque chose ? Commença la mère de l’enfant, la gorge serrée. »

C’était l’instant que Zanmato avait redouté. Il savait que sa mère se sentait inexplicablement coupable du sentiment de rejet qu’éprouvait son fils, et la voir pleurer le peinait profondément. Après tout il ne restait qu’un enfant. Son père, lui, savait se composer un visage insensible, ce qui n’était pas le cas de sa mère. Il devait répondre à cette question, bien sur, et en tout sincérité. Car ce n’était absolument pas leur faute, non. Il n’y avait personne à blâmer. C’était simplement sa manière d’exister, son envie d’exister qui l’avait rendu ainsi.

« Bien sur que non Maman, et tu le sais très bien, soupira Zanmato pour tenter de dissimuler son trouble, je vous aime tous les deux, mais je n’arrive pas à être heureux.
-T’entendre dire ça à ton âge est surement ce qui me touche le plus, mon fils… Affirma son père, qui faiblissait lui aussi dans la pratique de son masque de sérénité.
-Et c’est aussi pour cela que je dois partir. En étant heureux, je vous offrirais un peu de mon bonheur, même si je ne suis plus avec vous.
-Mais tu es si jeune Zanmato… Commença sa mère.
-Tous les Dresseurs ou presque commencent à mon âge Maman. Il n’y a pas d’alternative. Plus je commence tôt, plus mes chances seront grandes.
-Tu sais très bien que cela n’est pas vrai… Essaya son père, sans véritable conviction. Il connaissait déjà la réponse de son enfant.
-Peter a commencé à cet âge là ! Ainsi que Agatha et Olga ! Trois des membres du Conseil des Quatre, les meilleurs Dresseurs de notre région ! Et je suis persuadé qu’il existe des tas d’autres exemples comme eux à travers le monde. Répliqua le gamin, agacé. »

Son père sourit, malgré sa peine. Il n’avait que douze ans, et pourtant lorsqu’il s’agissait d’un duel de parole il gagnait toujours. Mais cette fois, il avait prévu son coup. Même si cela devait-être sa dernière question, il se devait de la poser à cet enfant plein de répartit, qui n’avait pas encore conscience de ce qu’était la vie à l’extérieur.

« Et sont-ils heureux, d’après toi ? »

Cette question prit de court Zanmato. Son cœur lui criait de répondre que bien sur, évidement qu’ils ne pouvaient être que les plus heureux des hommes et des femmes après avoir atteint un tel titre. Mais son cerveau lui, s’opposait à cette réponde hâtive. Comment pouvait-il mesurer le bonheur de ces gens qu’il ne connaissait même pas ? Comprendre l’étendu de leurs chaines et leur nature ? Voilà quelque chose qu’il n’était pas encore en mesure de comprendre et qui l’agaçait au plus haut point. Sa tête était toujours en conflit avec son cœur, et lorsque cela arrivait, il se sentait se refermer comme une huître et s’entendait grommeler, stupidement :

« Je… Je n’en sais rien. »

Son père avait marqué un point. Une incertitude suffisait à tout arrêter, à l’enchainer à Jadielle jusqu’à la fin de son existence. Déjà Zanmato se sentait défaillir. La simple pensée de devoir rester avec ces gens, dans cet endroit lui infligeait une souffrance tellement horrible qu’il en restait immobile, suffoquant à l’intérieur. Il maudissait sa faiblesse qui l’avait poussé à commettre ce faux pas, sa tête qui ne laissait plus parler son cœur depuis quelques temps…
Mais aucune de ses craintes ne se produisit.

« Je vois. Fais comme bon te semble alors, conclu son père en souriant. »

Il avait encore du mal à y croire. Alors cette erreur ne le pénalisait nullement ? Il allait pouvoir partir ? De son côté, son père se levait de table et sortit pendant quelques minutes. Lorsqu’il revint, il portait un sac à dos que Zanmato connaissait bien : Il s’agissait de son sac de classe.

« J’espère que cela ne te gênera pas, je n’ai pas trouvé d’autre sac. Ta mère et moi l’avons remplit de tout ce dont tu as besoin. Le Bourg Palette n’est pas tout prêt après tout, et tu dois te rendre chez le Professeur Chen. Ce voyage ne durera peut être pas plus de deux jours, mais tu dois y être préparé. »

Zanmato abandonna toute idée de contenance. Il faisait désormais face à la réalité. Ses parents allaient le laisser quitter sa vie oppressante pour celle dont il avait rêvé, et ce sac en était la preuve. Il se jeta dans les bras de sa mère, qui pleurait déjà à chaud de larme.

« Lorsque tu reviendras du Bourg-Palette, tu passeras nous voir n’est-ce pas ? Demanda-t-elle, entre deux sanglots.
-Bien sur Maman, répondit l’enfant dont la voix était déformée par les larmes.
-Alors va, fils. Voici ta première épreuve en tant que Dresseur, parvenir jusqu’au Bourg. Je sais que tu en es capable.
-Oui Papa ! »

Le garçon attrapa le sac que lui tendait son père et, sans attendre une seconde de plus, il quitta la maison. D’abord parce qu’il n’avait aucune envie de s’éterniser dans les larmes. Ensuite parce qu’il était huit heure du matin, désormais, et que le voyage qui l’attendais pouvait durer quelques temps. Bien qu’il s’agisse seulement de la ville voisine, son sens de l’orientation peu développé et ses capacités physiques ma foi peu impressionnantes lui suggéraient de partir tôt. Arrivé au pas de course aux portes de la ville, il entendit une voix inconnue l’appeler.

« Eh Zanmato ! Attends-moi ! »

A bien y réfléchir, il connaissait cette voix. Il se retourna donc vers l’individu qui l’apostrophait.

« Salut, désolé on ne se connait pas bien mais… Je pense savoir où tu vas, et je crois qu’on va dans la même direction. »

Il s’agissait d’un enfant de son âge. Un peu plus petit que lui, il portait, tout comme lui, des lunettes fines. Ses cheveux noirs, mi-longs, étaient un peu humide par la sueur qu’il avait laissé échappé à la suite de sa course, et il fallu attendre qu’il ait repris son souffle pour observer ses yeux marrons qui brillaient à la fois d’intelligence et de détermination. En cette période estivale, il abordait un T-Shirt rouge vif à manche courte ainsi qu’un pantalon en Jean, maintenu par une ceinture de couleur noire. Il portait également des baskets de sport, visiblement neuves, qui laissaient à penser qu’ils les avaient achetées pour une occasion spécifique. Ce fut seulement après ces détails que Zanmato remarqua le sac à dos rouge et blanc qu’il portait encore avec sa main droite. Effectivement, ils s’étaient déjà rencontrés. Naelin Fala, ils étaient dans la même classe, bien qu’il ne lui ait jamais vraiment parlé. A vrai dire, à qui avait parlé Zanmato dans cette école ?
Il connaissait ce garçon comme une tête de classe extrêmement doué et intelligent. Bien que Zanmato lui-même soit loin d’être un mauvais élément, Naelin se situait au sommet, et pouvait prétendre à être l’un des meilleurs éléments de tout Jadielle, et peut être même des villes d’Argenta, de Jadielle et du Bourg-Palette. Pour tout dire, il lui avait toujours semblait plutôt sympathique, mais l’apparent fossé d’intelligence qui les séparaient l’avait souvent poussé à repousser ses envies de conversation à plus tard.

« Bonjour Naelin ! Le salua amicalement Zanmato, espérant de toutes ses forces qu’il ne paru pas alors complètement ridicule. Lui qui était habituellement si renfermé, ces politesses le faisaient surement apparaître comme une sorte de faux-jeton.
-Appelle-moi Zara, le somma Naelin. »

Ce nom était vaguement familier à Zanmato. Il s’agissait du surnom que les amis proches de Naelin lui attribuaient, bien qu’il n’en connaisse pas l’origine. La méfiance s’installa cependant dans l’esprit du jeune homme : pourquoi de telles familiarités ? Pourquoi cherchait-il à le mettre en confiance ? Son cœur lui criait de répondre favorablement à cette demande d’amitié, lui qui en avait été privé pendant tant d’années, mais sa tête se refusait de prendre une décision inconsidérée. Complètement bloqué, Zanmato ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sorti. Etrangement, Naelin ne se formalisa pas pour autant, et entrepris d’expliquer son geste :

« Ahem… Oui, ça doit te surprendre, je comprends. En réalité à ton sac à dos et à ta présence ici, j’en déduis que tu vas chez le Professeur Chen, exacte.
-Euh… Oui, balbutia Zanmato qui ne voyait absolument pas où il voulait en venir.
-Eh bien je m’y rends aussi. Alors je me disais qu’il serait plus sympathique de voyager ensemble, et que comme si c’était le cas on allait surement passer prêt de deux jours à se côtoyer, autant se mettre à l’aise tout de suite… »

A cet instant précis, Zanmato se demanda s’il n’était pas en train de faire un rêve délirant. Le grand Naelin, dixième aux examens régionaux, celui que tout le monde admire en ville, promis à un avenir grandiose voulait courir les routes de l’incertitude accompagné de Pokémons pour y chercher la gloire ? C’était un non-sens pur et simple pour lui. Il avait des amis, il avait surement une famille qui l’aimait il avait tout. Alors pourquoi suivre cette voix aussi dangereuse qu’hasardeuse ? Et plus étrange encore, il allait faire la route avec un de ses camarade de classe, lui qui fuyait son village pour trouver l’aventure ?

« Euh je… Balbutia à nouveau Zanmato, complètement déboussolé.
-Je ne te force à rien hein ! Si tu veux y aller seul vas-y, je suis désolé de t’avoir importuné !
-Je… Je suis désolé…
-Tu n’as pas à l’être ! Qui sait, on se croisera peut être là-bas après tout ? A plus ! »

Il tourna les talons, l’air quelque peu déçu, et fit trois pas vers la ville.
Il n’eut pas le temps d’en faire plus.
Connaissez-vous cette sensation ? Celle qui vous dit soudain que vous avez commis la plus grosse erreur de votre vie, que vous avez raté une opportunité unique ? Qu’après le choix que vous venez de faire, votre vie a raté un virage ? Voilà ce qui a traversé Zanmato à ce moment là. Et malgré les protestations de sa logique, son cœur prit possession de sa bouche.

« Non attend ! Cria Zanmato malgré lui. »

Naelin sursauta.

« Je… Je suis désolé de t’avoir effrayé. J’ai juste été surpris par ta volonté de devenir Dresseur comme moi…
-Vraiment ? S’étonna Naelin.
-Eh bien… Oui, je l’avoue. Mais je voudrais faire la route avec toi, finalement.
-Aucun problème ! Pour tout te dire, ça m’arrange, je ne voulais pas marcher seul ! »

Voilà qui semblait bien étrange à Zanmato. Mais peu lui importait, il avait un compagnon désormais. Et il pressentait que cette simple rencontre n’allait pas se terminer ici, loin de là…

« Bon eh bien… Allons-y ! Lança Naelin !
-Oui ! Renchérit Zanmato.
-Eh là les jeunes ! »

Le cri surpris les deux enfants. Il venait d’un vieil homme que tout le monde connaissait dans le village. Ce vieux grigou n’était pas méchant, il était même un ancien professeur dans le domaine de l’étude des Pokémons, et apprenait aux jeunes gens à se servir d’une Pokéball lorsqu’ils revenaient du Bourg-Palette. Il était simplement un peu caractériel, et avant son café matinal il était comme un ours. Fort heureusement, il semblait qu’il avait pu en boire ce matin, sinon son interpellation aurait été quelque peu plus menaçante. Le savoir entièrement conscient de ses propos forçait les deux jeunes gens à écouter ses paroles.

« Vous comptez quand même pas aller au Bourg-Palette comme ça ?
-Que voulez-vous dire, interrogea Naelin.
-Vous avez pas de Pokémon, j’ai pas raison ?
-Nous allons justement au Bourg nous en procurer un monsieur… Répondit Zanmato, une pointe d’ironie dans la voix.
-Ca je m’en doute les jeunes. Seulement même pour aller au Bourg, il faut être accompagné d’un Pokémon, y’a plein de Pokémons sauvage sur la route vous savez.
-Il me semble cependant difficile d’en obtenir un sans être allé voir le Professeur Chen au préalable cependant, souleva Naelin dubitatif. Comment les aspirants Dresseurs de Jadielle s’y rendent-ils dans ce cas ?
-Accompagné d’un adulte gamin, qui possède un Pokémon. Ou alors ils en empruntent un. C’est aussi simple que ça.
-En emprunter un ? Et qui pourrait nous en fournir un ? Lança Zanmato, quelque peu interloqué par l’idée. Personne ne lui avait jamais parlé d’un centre de prêt de Pokémons.
-Un proche, qui d’autre ? Ricana le vieillard. Vous croyez quand même pas qu’on vous en fournit au Centre Pokémon, si ? »

La nouvelle plongea les deux aspirants dresseurs dans un profond désarroi. En effet, personne à leur connaissance ne disposait d’un Pokémon qui leur permettrait d’accéder à la ville. L’un comme l’autre venaient de familles assez hermétiques au concept de l’élevage de Pokémon. Aussi Zanmato, de loin le plus fataliste, senti poindre une note de désespoir.

« Désolé les gars, je n’ai plus de Pokémon depuis longtemps, sinon je vous aurais bien dépanné… En plus notre boutique est en rupture de stock de Pokéball avec tout ce qui passe en ce moment.
-Je vois. Merci de nous avoir informés cependant, répondit Naelin avec une courtoisie qui dissimulait mal son inquiétude vis-à-vis de sa future carrière de dresseur.
-Pas de quoi les jeunes, et bonne chance ! »

Les deux compagnons d’infortunes se regardèrent. La même expression de déception se lisait dans leurs yeux.

« Qu’est-ce qu’on va faire ? Interrogea Zanmato. Je ne connais personne qui ne puisse me prêter un Pokémon !
-Moi non plus, et il est apparemment exclu de faire le chemin sans… Je n’avais même pas pensé aux Pokémons sauvages. Maugréa Naelin.
-Moi non plus Zara. Mais lui si. »

Cette nouvelle voix eut pour effet de surprendre Zanmato, qui se demanda ensuite ce qu’il avait fait à Dieu pour que celui-ci lui fasse rencontrer tout son village le jour où il allait enfin le quitter. Zara, quand à lui, sourit.

« Tiens donc… Tu as gagné le combat Kane ? Lança Naelin à celui qui avait prit la parole.
-Yep, et crois-moi ça n’a pas été facile. Mais si on court vite mon père ne nous rattrapera pas.
-Désolé, je comptais partir sans toi, ne sachant pas quand tu allais arriver… S’excusa Naelin.
-T’inquiètes, c’était difficile à prévoir, et puis tu devais être vraiment pressé pour oublier les Pokémons sauvage mon vieux !
-Ahem… Oui surement… Grommela Naelin, visiblement peu enclin à la plaisanterie.
-Bref, c’est qui lui ? Demanda le garçon que Zanmato ne connaissait que de nom, sur un ton qui n’avait pas grand-chose de sympathique.
-C’est Zanmato, un camarade de classe. Il va aussi au Bourg-Palette.
-Je le connais aussi, nous sommes dans la même classe, pas vrai ? Annonça l’autre arrivant qui n’avait pas prit la parole jusqu’ici, à l’intention de Zanmato.
-Oui tu es… Greil c’est ça ? Greil Richter ? Répondit ce dernier en fouillant dans sa mémoire.
-C’est ça, confirma l’intéressé. »

Il portait également des lunettes, mais était un peu plus grand que Zanmato. De plus forte constitution également, il avait pourtant ce visage paisible des gens qui préféraient largement la discussion à la violence, ce qui était pour le moins rassurant. Ses cheveux bruns foncés lui descendaient jusqu’en bas de la nuque, et le calme qui se dégageait de ses yeux marrons, à l’instar de Naelin, entreprit de conforter Zanmato dans sa vision rassurante de son interlocuteur. A dire vrai, il était peut être celui avec qui il avait le plus communiquer au sein de son établissement scolaire, c'est-à-dire environs trois fois l’année précédente. Assez bon élève, il était souvent en compagnie de Naelin, et se faisait surnommé « Shadow » auprès de ses camarades de classe, car peu de gens le connaissaient en réalité. Zanmato avait souvent rit à ce propos, se demandant bien comment, dans ce cas, ses camarades de classe le surnommaient. Peut être n’avaient-ils même pas remarqué qu’il existait, d’ailleurs. Tout comme Naelin, il portait un T-Shirt, blanc pour sa part, et un pantalon en Jean porté par une ceinture. Son sac à dos était bleu et blanc, et semblait un peu usé, tout comme ses chaussures de sports. Il ne s’était visiblement pas refait une garde robe en vue de son départ.
Le second individu effraya un peu plus le jeune Zanmato. Des cheveux noirs, coiffés avec du gel, des yeux bleus défiants et avides de mouvement et d’action, en plus de son air hautain à l’instant où il observait Zanmato lui donnaient quelque chose d’effrayant. Contrairement à ses pairs par ailleurs, il ne portait pas de lunettes, ce qui le distinguait de leur air plus réservé. Il lui était, pour sa part, complètement inconnu, bien que à y réfléchir il l’avait peut être vu une ou deux fois quitter l’école avec Naelin. Il paraissait en tout cas plus âgé que les trois autres, bien qu’il ne fut qu’aussi grand que Greil. Une certaine appréhension habitait le jeune Zanmato à sa vue. Il ressentit apparemment son malaise, puisque le dédain visible dans ses yeux s’intensifia de plus bel.

« Shadow ! Tu pars aussi ? S’écria Naelin, visiblement ravi.
-Comme tu le vois Zara, sauf que je ne me rends au Bourg-Palette que pour vous accompagner, j’ai déjà mon premier Pokémon. Tu sais, celui que mon frère à ramené d’un de ses voyages. »

Le visage de Naelin et de Zanmato s’illuminèrent. Un Pokémon ! Tout était réglé !

« Hem, il y a juste un tout petit problème… Affirma le dénommé Kane.
-Lequel ? Le pressa Zanmato, dont le cœur avait une nouvelle fois surclassé la pensée.
-Eh bien mon Pokémon… C’est un Abra. »

Un long silence s’abattit sur le groupe. Effectivement, ils possédaient un Pokémon. Mais ils avaient tous appris à l’école qu’un Abra, à bas niveau, n’avait que la capacité de se téléporter. Pire encore, il ne pouvait se téléporter que dans les endroits où il s’était déjà rendu. Or, tous avaient bien compris devant l’air désolé de Greil qu’il n’avait jamais mis les pieds au Bourg-Palette.

« Ce qui nous ramène à la case départ… Soupira Zara.
-Et si on allait voir à la boutique Pokémon ? Proposa Zanmato.
-T’as pas entendu le vieux l’autiste ? Ricana Kane. Il n’y a plus une seule Pokéball là bas ! »

L’insulte frappa Zanmato en plein cœur. Comme il l’avait déjà entendu celle là ! Il aurait voulu répliquer, mais son opposant n’aurait fait qu’une bouchée de lui. Il savait visiblement se servir de ses poings, un arcane inaccessible pour le frêle Zanmato, qui se contenta de baisser la tête, honteux et tentant de refouler sa colère.

« Eh, Kane, intervint Greil. Je ne pense pas qu’insulter un futur compagnon de voyage soit le meilleur moyen de faire progresser la situation.
-Que… Quoi ? Ce gars là vient avec nous ? S’insurgea Kane.
-C’est exact. Un problème ? Interrogea Naelin. »

Il faut s’attarder sur l’expression de Naelin à cet instant. Car ce dernier possédait une sorte de double personnalité. Bien que d’apparence raisonnablement sur de lui, il lui arrivait parfois d’aborder un air de confiance démesurée qui lui conférait un certain pouvoir de persuasion sur son entourage. Lorsqu’il se mettait à employer ce ton, la surprise de ses interlocuteurs s’effaçait rapidement au profit de la soumission à son opinion. Zanmato avait eu l’occasion d’observer la scène plusieurs fois avec divers professeurs, pourtant éminents et sévères. La façon dont ils abandonnaient toute envie de se battre contre leur interlocuteur était à la fois cocasse et terrifiante. Mais rien n’affirmait que ce Kane allait s’en montrer impressionné. A dire vrai, il ne semblait pas très impressionnable à proprement parler.

« Parfaitement, ça me pose un problème mon vieux ! On connait à peine ce type, en plus il est super bizarre, il ne parle à personne, et quand tu lui poses une question il met trois plombes à te répondre ! T’appelles ça un compagnon de voyage idéal toi ?
-Voyons cela posément, Kane. Concernant notre périple, et faisant fi de tes jugements de valeurs vomitifs, combien d’idée a eu Zanmato pour nous permettre de trouver une solution à notre problème ? Questionna Naelin, son ton étrange toujours audible dans sa voix.
-Une, et vu l’idée on ne devrait pas la compter, cracha Kane, hargneux.
-Et toi ?
-Quoi moi ?
-Eh bien, combien d’idée as-tu eu ? Greil a eu l’idée de son Abra qui a échouée, et moi je propose d’aller se renseigner au Centre Pokémon. Je te pose donc la question : quelle solution proposes-tu ?
-Ben… Je n’en ai pas en tête mais… Avoua Kane, qui sentait doucement que la situation lui filait entre les doigts.
-Donc statistiquement, il y a plus de raisons à la présence rationnelle de Zanmato ici que de la tienne. Tu me suis ? »

Kane ne répondit pas, il hocha simplement la tête. Mais il n’y avait aucune honte sur son visage. Il avouait simplement sa défaite verbale temporaire, et chercherait par tous les moyens à évincer Zanmato du nouveau groupe. Ce fut du moins l’impression de l’intéressé, qui s’empressa de rétablir la situation :

« Si ma présence pose un problème, je peux me débrouiller seul, j’avais de toute façon prévu de voyager en solitaire et je ne compte pas vous déranger…
-Non, tu restes. »

Toujours sur ce ton glacial emprunt d’autorité, Naelin n’avait eu besoin que de deux mots pour convaincre Zanmato qu’il avait tout intérêt à rester à proximité de son bienfaiteur. Greil contemplait la scène d’un air neutre, mais il semblait suivre Naelin dans le débat. Kane, quand à lui, n’avait pas modifié une ride de son expression précédente.

« Bien, maintenant c’est réglé. Commençons par l’idée de Zanmato, annonça Naelin avec sa sympathie habituelle, revenue miraculeusement.
-Et pourquoi la sienne ? Siffla Kane, ce qui acheva de confirmer les certitudes de Zanmato quand à sa relation future avec le personnage.
-Parce qu’il l’a énoncée en premier, j’imagine, intervint Greil en sentant que son ami Naelin allait à nouveau s’employer à user de son effrayant ton de persuasion.
-C’est cela, confirma Naelin avec soulagement, et en gratifiant Greil d’un regard empli de gratitude. Allons à la boutique Pokémon, nous n’avons rien à perdre après tout. »

Alors qu’ils avançaient, Kane lança un dernier regard noir sur Zanmato. Voilà quelque chose qui le dépassait. Pourquoi le haïssait-il ? Il ne le connaissait même pas, comment pouvait-on ressentir de la haine envers un parfait inconnu ? C’est en proie à cette interrogation que l’enfant suivit les trois comparses en direction du lieu dit : la boutique Pokémon.
Ils s’attendaient à la voir vide à cette heure. Ce n’était pas le cas : alors qu’ils en apercevaient l’entré, un jeune garçon, visiblement dans leurs âges, pénétrait dans l’établissement. Ayant atteint la porte peu de temps après son entré, les quatre compagnons purent capter la conversation de l’individu avec le vendeur, qui l’avait interpelé.

« Eh petit, tu ne viendrais pas du Bourg-Palette ? Interrogea le vendeur.
-Heu… Si, pourquoi donc ? Répondit le jeune garçon, surpris. C’est lorsqu’il se retourna que Zanmato nota qu’il portait sur son épaule quelque chose d’inhabituel.
-Tu dois connaître le Professeur Chen non ? Vu le joli petit Pikachu que tu portes sur ton épaule ! Pas commun comme premier Pokémon ça d’ailleurs !

C’était donc cela ! Tous se regardèrent ébahit. Cet enfant avait obtenu son premier Pokémon, un Pikachu, et il n’était pas dans une Pokéball ! Voilà qui était doublement peu commun !

« Oui effectivement je le connais bien, on est voisin. Enfin au Bourg-Palette tout le monde est un peu voisin.
-Oui c’est vrai ! En réalité, j’ai un colis à lui faire porter, mais le facteur ne passe que demain et c’est très urgent… Puisque tu connais la route, je me disais…
-Pas de problème, je lui porterais ! Je me suis de toute façon rendu compte que j’avais quelques questions à lui poser.
-Parfait ! Laisse-moi te le confier alors ! Depuis combien de temps es-tu partit de chez-toi ?
-Depuis hier monsieur, affirma le jeune garçon.
-Hier ! Seigneur tu es rapide ! La plupart des gosses qui démarrent ce voyage mettent au moins deux jours !
-Vraiment ? Je… Je suis flatté… Balbutia l’enfant qui rougissait, dissimulant sa gène sous sa casquette rouge et blanche.
-Bon eh bien je te souhaite bonne chance ! Et merci encore !
-Heu… Je venais pour des Pokéball en réalité.
-Tu tombes mal gamin, j’attends justement du ravitaillement. Mais quand tu repasseras j’en aurais surement pour toi !
-Ah… Bon et bien merci quand même. Et comptez sur moi !
-A la prochaine gamin ! »

Naelin se tourna vers les autres.

« Vous avez entendu ? Murmura-t-il, un sourire aux lèvres
-Un Dresseur avec un Pokémon qui va au Bourg et qui en plus a l’air doué, que rêver de mieux ? Jubila Kane, qui avait comme chacun compris la chance qui se présentait à eux.
-Encore faut-il qu’il accepte qu’on l’accompagne. Souleva Greil, plus réaliste.
-En effet… Tiens, j’ai une idée ! Pourquoi ne pas demander à votre pote de l’aborder, c’est son idée non ?
-A… A moi ? Bredouilla Zanmato, quelque peu dépassé par les événements. On allait lui demander de devenir diplomate à présent ? C’était un cauchemar !
-Quoi ? T’as une langue ? Des jambes ? Tu peux le faire alors !
-On compte sur toi, Zanmato, lui dit Naelin en posant une main sur son épaule. »

Son insouciance d’enfant prit le dessus. Il ne pouvait pas laisser tomber ses nouveaux amis comme ça, et il devait prouver à ce Kane qu’il n’était pas ce qu’il pensait être. Prenant son courage à deux mains, il s’avança vers le Dresseur à casquette qui sortait alors tout juste du magasin.

« Excuse-moi… Commença Zanmato sur un ton peu assuré.
-Hum ? Oui ? Dit l’interpelé en se retournant pour faire face à son interlocuteur.
-Voilà… J’ai remarqué que tu étais Dresseur…
-Difficile de ne pas le voir hein ? Pikachu ne veut pas rentrer dans une Pokéball, il est têtu comme une mule !
-Pikapi ! Confirma la créature.
-Il est certainement très originale. »

Sans que Zanmato ne sache pourquoi, les traits un peu méfiants du Dresseur se détendirent d’un coup. Comme si le jeune garçon avait su dire les mots qu’il fallait pour le convaincre après une longue discussion, ce qui, visiblement, n’avait pas été le cas pourtant.

« Tu as besoin de quelque chose ?
-A vrai dire, nous sommes quatre à avoir besoin de toi…
-Quatre ? Si je peux vous être utile allez-y…
-Voilà, nous devons nous rendre au Bourg-Palette pour y acquérir notre premier Pokémon. Cependant nous n’avons aucun Pokémon pour nous défendre sur la route, et il semblerait que se soit dangereux… Alors nous nous demandions, puisque tu retournes là-bas, si nous pouvions t’accompagner. »

Le Dresseur éclata d’un rire enfantin, et franc.

« Et c’est tout ? Bien sur que vous pouvez m’accompagner enfin, je n’allais pas vous mordre vous savez ! »

Zanmato se promis de faire payer cette humiliation à Kane un jour ou l’autre.

« Je te remercie. Je m’appelle Zanmato, enchanté, repris Zanmato en conservant son calme, et en tendant une main amicale vers le Dresseur.
-Je m’appelle Red, répondit le Dresseur en serrant la main qu’on lui tendait. »

Peu de temps après, Zanmato fut rejoint par ses trois comparses, qui se présentèrent à leur tour. Après une courte discussion sur le dressage des Pokémons et la localisation du Bourg-Palette, ils se mettaient en route sans plus tarder. Comment pouvaient-ils se douter que, dans une dizaine d’année, les voir réunis serait un événement de notoriété mondiale ? Comment pouvaient-ils imaginer un seul instant accompagner celui qui plus tard vaincra Peter, le Maître suprême de la Ligue Pokémon ? Pour le moment, ils ne le pouvaient pas, et pour cause. Chacun avait l’esprit bien loin de l’avenir, mais il semblait plutôt tourné vers le passé. Sur cette dernière journée passée à Jadielle avant de prendre la route. Car chacun, autant que Zanmato, avait une bonne raison de laisser leur famille derrière eux pour s’aventurer sur la dangerosité des routes.


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